Parcours d'une acrobate de classe
Mon projet est une exploration intime et réflexive des tensions entre mes racines ouvrières et mon parcours académique et artistique. Il s’agit d’un dialogue entre deux mondes, celui de mon enfance dans une famille ouvrière et celui de mon éducation intellectuelle, où chaque mot, chaque geste, chaque silence révèle une histoire de classe, de langue, et de transformation.
L’écriture de ce mémoire m’a permis de plonger au cœur de cette dualité, non pas pour opposer ces mondes, mais pour chercher les ponts qui les relient. En grandissant dans un environnement où le travail manuel rythmait le quotidien de mes parents, j’ai toujours ressenti une certaine distance entre leur réalité et celle que j’apprenais à embrasser au fil de mes études. C’est en entrant dans une école d’art que j’ai véritablement commencé à percevoir cet écart. Pourtant, au lieu de m’enfermer dans une opposition stérile, j’ai cherché à intégrer ces deux réalités dans un même espace de réflexion et de création.
Les théories de Karl Marx et de Gilbert Simondon ont été des guides précieux dans cette démarche. Marx, en décrivant l’aliénation du travailleur face aux machines, m’a offert une clé pour comprendre la réalité de mes parents, engloutis par des décennies de travail à la chaîne. Simondon, avec sa critique de la spécialisation excessive et son appel à une meilleure éducation technique, m’a poussé à réfléchir sur l’importance de l’accès à la connaissance et sur les implications sociales de cette fracture technologique.
Mon parcours académique et artistique n’a pas creusé un fossé infranchissable avec mes origines; il m’a, au contraire, permis de mieux saisir la complexité de mon environnement familial. Mon langage, d’abord modelé par le quotidien ouvrier, s’est enrichi au contact de nouvelles perspectives. Cette transformation ne m’a pas éloignée de mes racines, mais m’a au contraire offert une nouvelle profondeur pour les appréhender. J’ai compris que l’intellectualité et mes origines ouvrières ne s’opposent pas, mais peuvent se fusionner pour former un tout cohérent.
La question du langage est centrale dans ce projet. J’ai exploré comment le langage peut à la fois être un pont et une barrière entre ces deux mondes. La manière dont mes parents parlent, souvent moquée par d’autres, m’a poussé à réfléchir sur la manière dont la société construit des hiérarchies invisibles basées sur le langage. Mon parcours m’a conduit à revisiter mon propre usage de la langue, à naviguer entre différents registres selon les contextes, tout en cherchant à rester fidèle à mes origines. Ce projet n’est pas seulement une introspection personnelle; il se veut aussi une réflexion sur les structures sociales qui façonnent nos identités. En naviguant entre mes racines et mon éducation, j’espère offrir une vision nuancée de la manière dont ces mondes peuvent coexister et s’enrichir mutuellement. Mon travail vise à questionner les catégories rigides que nous imposons à la réalité et à explorer les multiples façons dont elles peuvent être réinventées pour mieux refléter la complexité de nos vies.
Ce mémoire est un hommage à mes parents, à leur travail, à leur langue, et à tout ce qu’ils m’ont transmis, tout en étant une tentative de concilier ces héritages avec mon propre parcours intellectuel et artistique
L’écriture de ce mémoire m’a permis de plonger au cœur de cette dualité, non pas pour opposer ces mondes, mais pour chercher les ponts qui les relient. En grandissant dans un environnement où le travail manuel rythmait le quotidien de mes parents, j’ai toujours ressenti une certaine distance entre leur réalité et celle que j’apprenais à embrasser au fil de mes études. C’est en entrant dans une école d’art que j’ai véritablement commencé à percevoir cet écart. Pourtant, au lieu de m’enfermer dans une opposition stérile, j’ai cherché à intégrer ces deux réalités dans un même espace de réflexion et de création.
Les théories de Karl Marx et de Gilbert Simondon ont été des guides précieux dans cette démarche. Marx, en décrivant l’aliénation du travailleur face aux machines, m’a offert une clé pour comprendre la réalité de mes parents, engloutis par des décennies de travail à la chaîne. Simondon, avec sa critique de la spécialisation excessive et son appel à une meilleure éducation technique, m’a poussé à réfléchir sur l’importance de l’accès à la connaissance et sur les implications sociales de cette fracture technologique.
Mon parcours académique et artistique n’a pas creusé un fossé infranchissable avec mes origines; il m’a, au contraire, permis de mieux saisir la complexité de mon environnement familial. Mon langage, d’abord modelé par le quotidien ouvrier, s’est enrichi au contact de nouvelles perspectives. Cette transformation ne m’a pas éloignée de mes racines, mais m’a au contraire offert une nouvelle profondeur pour les appréhender. J’ai compris que l’intellectualité et mes origines ouvrières ne s’opposent pas, mais peuvent se fusionner pour former un tout cohérent.
La question du langage est centrale dans ce projet. J’ai exploré comment le langage peut à la fois être un pont et une barrière entre ces deux mondes. La manière dont mes parents parlent, souvent moquée par d’autres, m’a poussé à réfléchir sur la manière dont la société construit des hiérarchies invisibles basées sur le langage. Mon parcours m’a conduit à revisiter mon propre usage de la langue, à naviguer entre différents registres selon les contextes, tout en cherchant à rester fidèle à mes origines. Ce projet n’est pas seulement une introspection personnelle; il se veut aussi une réflexion sur les structures sociales qui façonnent nos identités. En naviguant entre mes racines et mon éducation, j’espère offrir une vision nuancée de la manière dont ces mondes peuvent coexister et s’enrichir mutuellement. Mon travail vise à questionner les catégories rigides que nous imposons à la réalité et à explorer les multiples façons dont elles peuvent être réinventées pour mieux refléter la complexité de nos vies.
Ce mémoire est un hommage à mes parents, à leur travail, à leur langue, et à tout ce qu’ils m’ont transmis, tout en étant une tentative de concilier ces héritages avec mon propre parcours intellectuel et artistique