J'me rappelle de toi, dans la twingo noire
Je la presse pour me détendre. Une boule de pâte à fixer comble le creux de ma main. Elle a ramassé la poussière, les petits bouts de tapisserie, les poils, l’odeur de clope et elle est devenue grise. Des milliers de taches grasses apparaissent aux murs, elles sont ce qu’il y avait de ce souvenir, les constellations bordéliquement chronologiques d’images que j’ai accumulées pendant 5 ans.
Au détour d’appareils photo jetables, mon regard a choisi de figer ces instants qui m’ont ensuite observé vivre. Ces corps temporaires ont sauvé ma mémoire pour habiller mon appartement et exposer ma vie à mes amants. Le blob imprimé d’une tapisserie s’est lentement développé chez moi : le jaune de cette veste résonne avec ce coucher de soleil, ces corps en folie agressent Margot qui me sourit, ce torse velu prolonge ces ronces devant cette maison, les canettes de 8.6 s’accordent aux sommeils.
Dans dix ans, nous dirons que nous étions beaux. Les images doivent se reposer dans un carton ou un serveur. J’en reconstituerai leurs histoires plus tard, pour mieux évoluer dans un brouillard qui semble ne plus nous appartenir.
Au détour d’appareils photo jetables, mon regard a choisi de figer ces instants qui m’ont ensuite observé vivre. Ces corps temporaires ont sauvé ma mémoire pour habiller mon appartement et exposer ma vie à mes amants. Le blob imprimé d’une tapisserie s’est lentement développé chez moi : le jaune de cette veste résonne avec ce coucher de soleil, ces corps en folie agressent Margot qui me sourit, ce torse velu prolonge ces ronces devant cette maison, les canettes de 8.6 s’accordent aux sommeils.
Dans dix ans, nous dirons que nous étions beaux. Les images doivent se reposer dans un carton ou un serveur. J’en reconstituerai leurs histoires plus tard, pour mieux évoluer dans un brouillard qui semble ne plus nous appartenir.