Design Anarchiste
Je souhaiterais préciser une chose sur les mots qui suivent et le ton que je prends. Ce texte est un récit, quoique d’une narration étrange, de mes expériences personnelles face à ces deux ans. J’utilise tantôt l’hyperbole, tantôt le cynisme et l’humour pour exprimer ce qui est non pas un positionnement et un avis définitif ni sur l’anarchisme et ses communautés et pratiques ni sur le graphisme, les graphistes, ou quiconque qui pratiquerait l’image, mais ce qui en est des sentiments et pensées qui m’ont traversé l’esprit pendant ces deux ans. L’anarchisme reste pour moi le mirogled (regard sur le monde) le plus juste et honnête, et quoi que j’en dise dans les fragments, il reste en moi. C’est précisément parce qu’il m’est aussi cher qu’il est aussi source et objet de doutes. Il n’y a que doute sur ce qu’on pense encore envisageable. Les mouvements radicaux, quant à eux, sont parmi les seuls arrangements politiques que je souhaite fréquenter, et malgré un degré de dissensus avec leurs membres par moments, me procurent une foi en le futur et en l’humanité. Une misanthropie ne serait que la traduction du fait que je me sens supérieur aux autres. La pratique graphiste et la création visuelle, quant à elles, font toujours partie de ma pratique, et sont des intérêts majeurs dans ma vie. Malgré leur utilisation mauvaise et néfaste dans la publicité, et ma critique du graphisme dans les milieux anarchistes, je suis profondément convaincu qu’il existe une pratique graphique libérée et une pratique de libération par le graphisme. Voici le récit de ce que j’ai foutu, en désordre, en requestionnement, avec son pourquoi et parfois son comment. Voici le récit de deux ans de chaos mental, dont je souhaite m’émanciper au moment de la remise.