Pourquoi les pierres se mirent à tourner ?
Quand on se revoit je ne manque pas de demander à l’Oncle P. — Où tu en es alors ? Où il en est dans ses recherches, depuis peut-être deux ans il s’est attaché à enquêter sur les moulins à eau. J’ai l’impression de toujours l’avoir connu occupé, occupé par la spéléologie, les orchidées, et d’autres choses encore, à présent ce sont les moulins à eau et la généalogie — il insiste, l’un ne va pas sans l’autre, on le verra. Depuis quelques années il est à la retraite, ce sont probablement ces larges pans de temps libérés qui à la fois incitent et permettent l’émergence de ses recherches. Avant ça il passe vingt ans comme technicien, à préparer et entre- tenir les machines d’un labo d’une Université à Montpellier. Plus loin et dans le désordre, il y a eu une formation de tourneur-fraiseur, des dizaines de milliers de kilomètres — Allemagne-Grèce- Turquie-Arabie-Saoudite derrière le volant d’un semi-remorque, puis de la plomberie, des boulots en usine, etc. Tout ça il me l’a raconté, seulement vu d’ici, les séquences s’enchaînent dans une pers- pective vague.