La maison d’à côté
J'ai écrit ce récit dans un cadre d'urgence, l'urgence de coucher sur papier des évènements de ma vie personnelle, qui devaient être relatés. Il y a un temps qui s'est écoulé entre la fin de cette maison assez incroyable et l'écrit de ce texte dans le cadre de mon mémoire, ce qui m'a permis de prendre le recul suffisant sur les évènements survenus. Je savais depuis longtemps que je voulais orienter mon mémoire sur « La Maison » avec qui j'entretiens un rapport intime tout particulier. Je crois que cela est venu d'un constat que j'ai réalisé depuis quelques années et qui continue de se confirmer au fil du temps, les maisons dans lesquelles nous vivons sont en elles-mêmes des entités douées d'une intelligence et d'une volonté qui vont orienter les groupes qu'elles abritent dans une direction. ]'aime la légende qui dit que chaque squat est voué à réaliser la prophétie de son nom (donné généralement dans les semaines qui suivent son ouverture). Je m'étais dit qu'il fallait que je creuse dans cette direction. Malheureusement, ces derniers temps la mort s'est abattue sur mon entourage de manière frénétique et répétée et c'était pour moi d'autant plus important de produire un écrit pouvant relater des histoires vécues en collectivité pour offrir une vision, qui est la mienne, d'un univers commun partagé, afin de rendre certains souvenirs immortels. Mon master porte le nom de LIENS et ce n'est pas juste une abréviation, les enjeux pour moi en venant dans cette école et plus globalement dans ce pays, étaient de créer des liens, ce que j'ai réussi à faire avec une étrange facilité, que ce soit dans ma vie personnelle ou professionnelle. Il était pour moi important de parler de ces liens qui se créent spontanément dans un monde instable, nous poussant à nous organiser et à vivre en communauté dans une urgence de « faire autrement ». Ce texte expérimental retrace un parcours certes difficile mais haut en couleurs de ces deux dernières années en Belgique.