Le souffle du marais
Dans ce vent de foisonnement où tout s’accélère et se transforme, des marais naissent tandis que d’autres s’éteignent. Ces lieux, façonnés et apprivoisés par la main humaine, vacillent aujourd’hui, pris dans leurs propres contradictions. Ils menacent de s’effondrer, entraînant avec eux leurs habitant·es, humain·es ou non.
Dans les marais, on lutte contre la surexploitation autant que contre l’oubli. Contre l’abandon comme contre l’excès.
On questionne le réensauvagement autant que l’envahissement.
On affronte l’assèchement mais aussi les crues.
Ces espaces tissés de liens exigent du commun, du soin, du « nous » pour que la vie puisse continuer. Nous avons choisi d’habiter ce qui était inhabitable. Et ce sont ces choix, encore aujourd’hui, qui tiennent ces lieux debout. Alors, qu’est-ce qu’on peut faire d’autre, sinon lutter?
Voilà maintenant deux ans, huit saisons, que je vais et viens dans le marais où j’ai grandi, le marais audomarois. Deux ans que je découvre le métier traditionnel des maraîcher·ère·s. Et pendant ce temps, je n’ai cessé de m’interroger: quelle est ma place, moi, étudiante en graphisme, dans cet espace où la mémoire se transmet avant tout de vive voix, de génération en génération? Quelle est la place de l’image ici? Est-elle utile, ou au contraire trompeuse?
Au fil des rencontres, ce qui devait être au départ une archive d’un métier en voie de disparition est devenu une pluralité de visualités: paysages en mutation, gestes transmis, voix fragiles, savoirs à réinventer. Des échanges, des silences, des événements, des questionnements et des tentatives de réponses: c’est cela que porte ce mémoire.
Il retrace mon chemin de ces deux années: comment, avec qui et à travers quoi j’ai redécouvert le marais en transformation. Des images y apparaissent, certaines qui restent, d’autres qui témoignent, et d’autres encore qui s’effacent.
Ces images ne sont pas une fin en soi: elles sont une excuse pour réinvestir un lieu qui me tient à cœur, une manière d’aller à la rencontre et de raconter.
Dans les marais, on lutte contre la surexploitation autant que contre l’oubli. Contre l’abandon comme contre l’excès.
On questionne le réensauvagement autant que l’envahissement.
On affronte l’assèchement mais aussi les crues.
Ces espaces tissés de liens exigent du commun, du soin, du « nous » pour que la vie puisse continuer. Nous avons choisi d’habiter ce qui était inhabitable. Et ce sont ces choix, encore aujourd’hui, qui tiennent ces lieux debout. Alors, qu’est-ce qu’on peut faire d’autre, sinon lutter?
Voilà maintenant deux ans, huit saisons, que je vais et viens dans le marais où j’ai grandi, le marais audomarois. Deux ans que je découvre le métier traditionnel des maraîcher·ère·s. Et pendant ce temps, je n’ai cessé de m’interroger: quelle est ma place, moi, étudiante en graphisme, dans cet espace où la mémoire se transmet avant tout de vive voix, de génération en génération? Quelle est la place de l’image ici? Est-elle utile, ou au contraire trompeuse?
Au fil des rencontres, ce qui devait être au départ une archive d’un métier en voie de disparition est devenu une pluralité de visualités: paysages en mutation, gestes transmis, voix fragiles, savoirs à réinventer. Des échanges, des silences, des événements, des questionnements et des tentatives de réponses: c’est cela que porte ce mémoire.
Il retrace mon chemin de ces deux années: comment, avec qui et à travers quoi j’ai redécouvert le marais en transformation. Des images y apparaissent, certaines qui restent, d’autres qui témoignent, et d’autres encore qui s’effacent.
Ces images ne sont pas une fin en soi: elles sont une excuse pour réinvestir un lieu qui me tient à cœur, une manière d’aller à la rencontre et de raconter.