Le printemps des ruines
Dans Le Printemps des ruines (Aounallah, 2025), le récit se déploie à travers un espace intergénérationnel où se mêlent souvenirs familiaux, histoire collective et expérience personnelle. Le film s’appuie sur la parole de mon père, sur des gestes incarnés et sur des contes inventés – la préparation du thé, la pratique de la langue arabe, une ville imaginaire au nom de Jaff al-Wad – pour construire une narration qui ne se limite pas à une simple restitution factuelle du passé. À travers cette oralité, le film explore comment la mémoire située et la fabulation permettent de réinventer des récits marqués par la colonisation et de les ancrer dans une vérité sensible, incarnée et émotionnelle. Cette démarche fait de l’expérience individuelle et familiale un vecteur de puissance narrative, en réactivant des histoires enfouies et en créant un dialogue entre générations, territoires et héritages culturels.