Am I Gonna Have It For Free ?
Ce travail explore la notion de valeur à travers la forme d’une enquête-performance. Mon travail s’inscrit à la croisée des sciences sociales et de la pratique artistique, articulant observation, analyse et expérience sensible. L’objectif est de comprendre comment la valeur d’un objet artistique se construit non seulement économiquement, mais aussi émotionnellement, symboliquement et socialement. L’oeuvre d’art devient un espace relationnel dont le contenu est son experience esthétique. La méthodologie adoptée s’inspire de l’enquête en sciences sociale, en transposant ces approches à ma pratique de co-création en performance. J’ai choisi de restituer ce travail sous forme audio, constituant un album sonore, afin de rendre compte de la dimension temporelle, relationnelle et sensible des expériences collectées. Cette forme permet de transmettre au plus proche, les registres d’affects que l’écrit seul peine à retranscrire, tout en ouvrant un espace réflexif sur les modalités de partage et de transmission des savoirs. Il s’agit de questionner le rôle de l’enquêteur et des participants dans la production des savoirs, et par analogie la notion de participation dans l’art. Les entretiens-perfomances sont traités comme des moments d’expérience, où l’œuvre se définit autant par le processus que par le résultat. La réflexion théorique s’appuie sur Mauss et sa notion de don, Dewey et son analyse de l’expérience esthétique, ainsi que sur Graeber, Boltanski et Thévenot pour les régimes de valeur. La dimension participative et critique de ma pratique est éclairée par Conquergood, Bishop, Kester et Rancière, qui permettent de penser les relations éthiques et esthétiques entre acteurs, spectateurs et chercheurs. Ce travail se veut ainsi un dialogue entre pratiques et théories, entre expérience sensible et analyse critique, visant à comprendre ce qu’est la valeur de l’art et ses productions culturelles, mais aussi comment elle se construit. Tout en portant un regard critique sur ma pratique participative, je l’envisage comme une première exploration des formes de partage et transmission de savoirs situés.